Selon Télé Star, Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions, planche actuellement sur plusieurs scénarios de réforme profonde pour le groupe audiovisuel public. Ces propositions font suite aux recommandations d'un rapport publié après une enquête de six mois à l'Assemblée nationale, menée par Charles Alloncle, qui comporte 70 mesures visant à générer de significatives économies tout en adaptant le service public aux défis actuels de l’audiovisuel français.
Ce rapport, dont les propositions culminent à un objectif d’économies d’un milliard d’euros, préconise notamment la fusion de chaînes et la réduction de certains programmes, avec un regard critique sur l’offre de jeux télévisés et de téléréalité jugée trop axée sur les jeunes. Parmi ces recommandations, figure la fusion de France 2 et France 5, la suppression de France 4, ainsi que la mise en place d’un rapprochement entre Franceinfo et France 24. Il est également suggéré de supprimer la station de radio Mouv, de réduire le budget consacré au sport de 30 %, et de diminuer l’offre de programmes de divertissement, notamment les jeux télévisés, toujours selon le rapport.
Les scénarios proposés par Delphine Ernotte pour remodeler le groupe
Face à ces recommandations, la patronne de France Télévisions a présenté à ses équipes trois scénarios « explosifs », selon les informations recueillies par Télérama et L’Opinion. Le premier, le plus radical, s’inspire directement du rapport de Charles Alloncle : il prévoit la suppression de plusieurs chaînes, notamment France 4 et France TV Slash, avec un transfert de leur programmation sur France 2 et France 3. La proposition inclut aussi une réduction de 75 % des télé-réalisations de jeux et une baisse de 30 % de l’offre sportive. Cette restructuration entraînerait la fermeture de plusieurs antennes locales, avec un objectif d’économies de 170 millions d’euros d’ici 2027, puis 280 millions en 2030.
La seconde option envisagée par la direction propose un « recentrage » de France Télévisions. Elle consisterait à rapprocher plusieurs segments de l’audiovisuel public, notamment en intégrant davantage France 3 et Radio France, sous la marque unique Ici. Ce scénario envisage également la suppression des matinales filmées et la fusion de Franceinfo TV avec France 24. L’économie générée pourrait atteindre 180 millions d’euros d’ici 2030, tout en accentuant le rapprochement des médias publics.
Le dernier scénario, considéré comme une option de crise, consiste en une fusion de France 3 avec Franceinfo TV. Dans ce cadre, France 3 pourrait devenir une chaîne d'information en continu, avec une réduction drastique de ses programmes régionaux. Par cette stratégie, la chaîne viserait à réaliser environ 230 millions d’euros d’économies en 2030, au prix d’une perte estimée à 4 % de parts d’audience. Mais cette approche soulève également la perspective d’une baisse importante des productions régionales et des programmes locaux sur cette chaîne.
Quelles que soient les options retenues, Delphine Ernotte semble déjà déterminée à faire évoluer la configuration du groupe, notamment par la suppression de la diffusion nocturne de France 24 sur Franceinfo, pour privilégier des rediffusions, comme celles du journal de 20 heures de France 2. Ces pistes de réforme s’inscrivent dans un contexte où l’audiovisuel public doit faire face à des enjeux financiers et à la nécessité de s’adapter à un paysage médiatique en pleine mutation.
Si aucune de ces propositions n’a encore été officiellement adoptée, leur existence soulève déjà des questions sur l’avenir des chaînes concernées, leur programmation et leur positionnement face à la concurrence privée. La volonté d’économiser tout en maintenant une certaine diversité d’offres semble au cœur du projet, même si cela implique des transformations profondes du groupe.
Retrouvez l’article complet sur Télé Star pour plus de précisions sur ce chantier de réforme qui pourrait remodeler durablement le paysage de l’audiovisuel public français.
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