Selon Télé Star, la troisième saison de la série « Paris Police 1910 », diffusée sur Canal+, s'appuie sur une affaire judiciaire réellement survenue à l'aube du XXe siècle : l’affaire des meurtres de l’impasse Ronsin, survenue le 31 mai 1908. Ce scandale judiciaire et médiatique, connu sous le nom de l’affaire Steinheil, constitue la matière première de cette saison, mais avec une particularité notable : la série revendique une approche qu’elle qualifie de « fake true crime », mêlant réalité et fiction pour créer un récit captivant.
Le créateur et scénariste Fabien Nury évoque lui-même cette démarche, expliquant que si l'intrigue centrale – l’enquête, le contexte, et le procès de Marguerite Steinheil – s’appuie sur des faits avérés, la narration de la série incorpore aussi des personnages inventés et une dimension scénaristique qui vise à souligner la manière dont la presse de l'époque a contribué à façonner l’imaginaire collectif. Une démarche qui permet non seulement d’évoquer une affaire véridique, mais aussi d analyser la fabrication de récit médiatique autour d’un scandale, avant même que la justice ne tranche.
Une histoire vraie dans « Paris Police 1910 » ?
La saison 3 est bien ancrée dans la réalité historique : l’affaire Steinheil débute avec la découverte de Marguerite, ligotée dans son lit, alors que son mari, Adolphe Steinheil, et sa mère sont retrouvés assassinés dans une pièce voisine. Initialement présentée comme survivante, Marguerite est rapidement devenue la principale suspecte, avant d’être finalement acquittée faute de preuves lors d’un procès qui a fortement alimenté la presse. La série s’attarde aussi sur le contexte social et politique de l’époque, évoquant la réputation sulfureuse de Marguerite Steinheil, notamment ses liens supposés avec le pouvoir et sa relation présumée avec le président Félix Faure, décédé en 1899.
Lors d’un point presse, Fabien Nury a insisté : la saison doit avant tout être vue comme une reconstitution partielle d’un épisode ayant fasciné la France, tout en étant passionnément romancée. La série cherche ainsi à mettre en lumière la manière dont la presse à sensation de l’époque a construit un récit qui dépasse la simple vérité judiciaire. Elle s’intéresse aussi à la façon dont cette affaire a été instrumentalisée dans une société dominée par les hommes et par un journalisme orienté sensation.
Quelles vérités et quelles libertés dans cette fiction ?
Pour écrire cette saison, Fabien Nury a réalisé un important travail d’investigation en se plongeant dans les archives journalistiques de la période. Il confie avoir « recopié tous les articles concernant l’affaire », ce qui lui a permis de bâtir une intrigue et d’intégrer des personnages fictifs dans un cadre historique fidèle. La créatrice met cependant en garde : « Notre Marguerite n’est pas la vraie Marguerite Steinheil. » Néanmoins, la structure de l’histoire repose sur des faits attestés. La série maintient un équilibre en intégrant des éléments authentiques à une fiction soigneusement conçue pour tenir en haleine.
Enfin, la série insiste aussi sur la perception qu’a la société de Marguerite avant le drame : une femme du monde, proche du pouvoir, dont la réputation se trouve rapidement ternie sous la pression médiatique. La fiction présente ainsi, à travers des personnages en partie inventés, la société de l’époque, ses préjugés, ses fantasmes et ses manipulations.
En conclusion, Télé Star souligne que cette saison 3 mêle étroitement faits historiques et imagination scénaristique, dans une optique qui dépasse la simple reconstitution. Elle invite à réfléchir sur le pouvoir de la presse et la fabrication du récit populaire. Rappelons que cette approche innovante permet de mieux comprendre comment une affaire judiciaire peut devenir un phénomène de société, au-delà de la réalité pure.
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