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Actualité TV 5 min de lecture

BFMTV sous tension, Groland tire sa révérence : la TV de ce jeudi

Une matinée qui dit beaucoup de l'état du paysage audiovisuel : fronde interne à BFMTV, adieu programmé à Groland sur Canal+, retour en grâce de l'espionnage sur Netflix et vieux fantômes du cinéma italien. Revue de presse.

Thomas Renard Audiences & tendances TV

Il y a des journées où l'actualité télé ne se contente pas d'aligner des programmes : elle raconte une industrie en mouvement, tiraillée entre crises de confiance, fins d'époque et valeurs sûres. Ce jeudi 5 novembre en fait partie. D'un côté, les chaînes d'info et le service public gèrent leurs turbulences internes ; de l'autre, Canal+ s'apprête à refermer un chapitre de son histoire satirique.

Pendant que les plateformes continuent d'alimenter le feuilleton des sorties — espionnage haut de gamme sur Netflix, cinéma de guerre sur le point de débarquer dans les salles —, c'est bien du côté des rédactions et des cases du soir que se joue le vrai récit du jour. Tour d'horizon des cinq sujets qui méritent qu'on s'y arrête.

BFMTV : la direction tente d'éteindre l'incendie

C'est le dossier le plus lourd de la matinée. Après la mobilisation de plus de 200 journalistes et techniciens, la direction de CMA Media a dû sortir du silence. Selon Télé Star, le groupe annonce plusieurs mesures destinées à répondre à la crise interne qui secoue la première chaîne d'info de France, parmi lesquelles la création d'une « cellule invités » et la mise en place d'un baromètre du pluralisme.

Derrière le vocabulaire managérial, l'enjeu est clair : rassurer une rédaction qui s'inquiète de son indépendance éditoriale et du traitement réservé à certains invités. Une chaîne d'information qui doit instituer un baromètre pour prouver son pluralisme, c'est rarement bon signe sur le plan de la sérénité interne. La question est désormais de savoir si ces annonces suffiront à calmer la fronde, ou si elles seront perçues comme un pansement sur une plaie plus profonde.

Le moment n'est pas anodin : dans un paysage où l'audience des chaînes d'info se joue à quelques dixièmes de point, une rédaction divisée est un handicap autant qu'un symbole. CMA Media joue ici autant sa crédibilité que ses parts de marché.

Groland : Canal+ débranche son laboratoire satirique

Autre fin d'époque, assumée celle-là. Dans un entretien accordé à TV Mag (Le Figaro), Benoît Delépine, figure incontournable du programme, revient sur l'arrêt de « Groland », qui s'achèvera après une ultime émission le 12 décembre prochain. « Ça va faire un trou énorme, ça, c'est sûr », confie-t-il, mi-nostalgique, mi-lucide.

Difficile de lui donner tort. En presque trois décennies, la présidence imaginaire a formé des générations d'humoristes et installé une grammaire de la satire qui a largement débordé la case Canal+. Son extinction laisse un vide dans un registre — l'absurde politique, la satire frontale — que peu de programmes savent encore occuper à la télévision française.

Pour Canal+, la décision s'inscrit dans une recomposition plus large de sa grille. Elle interroge aussi : la chaîne cryptée, historiquement terre d'accueil de l'impertinence, a-t-elle encore les moyens et l'envie d'entretenir ce patrimoine ? Le clin d'œil final du 12 décembre sera scruté de près.

« Black Doves » saison 2 : Netflix soigne son espionnage

Changement d'ambiance du côté des plateformes. D'après TV Mag (Le Figaro), la deuxième saison de « Black Doves », portée par Keira Knightley et Ben Whishaw, mérite largement le détour. La critique salue un cocktail efficace mêlant suspense, action, humour et questionnements existentiels — un équilibre délicat que le genre rate souvent.

Le succès de ce type de série confirme une tendance de fond : l'espionnage, longtemps cantonné au cinéma, s'est imposé comme un terrain de jeu privilégié pour les plateformes, qui y trouvent à la fois le prestige du casting et la mécanique feuilletonnante qui fidélise. Netflix, qui mise beaucoup sur ses productions britanniques, tient là un atout pour l'hiver.

À noter que le thème résonne avec l'actualité des cases documentaires : la DGSE et ses agents inspirent aussi la télévision cette semaine. Signe que l'appétit du public pour les secrets d'État ne faiblit pas, fiction et documentaire confondus.

Pasolini : un demi-siècle plus tard, l'enquête repart

Du côté du cinéma, un sujet d'une tout autre gravité. AlloCiné rapporte que, cinquante ans après l'assassinat de Pier Paolo Pasolini — dont le corps avait été retrouvé sur un terrain vague le 2 novembre 1975 —, la justice italienne a décidé de rouvrir l'enquête sur la mort du cinéaste, écrivain et journaliste.

Le meurtre, jamais véritablement élucidé, continue de hanter la mémoire culturelle italienne et européenne. La réouverture du dossier relance l'espoir, pour les admirateurs du réalisateur de « Salò », de voir enfin établies les circonstances exactes d'une disparition entourée de zones d'ombre depuis un demi-siècle.

Pour les chaînes et plateformes qui programment régulièrement son œuvre, c'est aussi l'occasion de remettre en lumière un cinéaste dont la radicalité n'a rien perdu de son tranchant. L'anniversaire des cinquante ans et cette actualité judiciaire pourraient nourrir rétrospectives et documentaires dans les mois à venir.

Eastwood et Hanks : un film de guerre bientôt sur les écrans français

On termine par une curiosité générationnelle. Toujours selon AlloCiné, les fils de Clint Eastwood et de Tom Hanks se retrouvent à l'écran dans un film de guerre centré sur la Seconde Guerre mondiale, déjà sorti aux États-Unis et attendu très prochainement en France.

Au-delà de l'anecdote familiale, le projet confirme l'appétit persistant de Hollywood pour le récit de guerre, un genre qui conjugue spectacle, enjeu mémoriel et valeur sûre au box-office. Reste à voir si ce passage de relais entre héritiers de légendes saura convaincre au-delà de la simple filiation.

Ce que retient cette revue de presse, c'est une télévision française à la croisée des chemins : des rédactions qui s'interrogent sur leur indépendance, des programmes historiques qui s'effacent, et des plateformes qui avancent leurs pions sans états d'âme. Demain, les premiers chiffres d'audience de la soirée diront lesquels de ces paris ont trouvé leur public — et le dénouement de la crise BFMTV restera, lui, à surveiller de près dans les prochains jours.

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#revue-de-presse #bfmtv #canal-plus #netflix

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