Une phrase lâchée sur un plateau concurrent
Tout part d'un passage de Quotidien, sur TMC, lundi dernier. Igor Sahiri, grand reporter de BFMTV, y évoque la défiance que sa chaîne suscite sur le terrain. Interrogé sur l'arrivée de Sonia Mabrouk, il lâche que sa consœur cristalliserait « la haine » du point de vue du public extérieur, et ajoute que des journalistes de la rédaction s'interrogent sur ce recrutement. Le Figaro TV Magazine et Puremédias rapportent tous deux la séquence et ses suites.
Le rétropédalage, puis la mise au point
La présentatrice, arrivée de CNews, demande l'intervention de sa direction. Jeudi, Igor Sahiri précise sa pensée auprès du Figaro.
« Mes propos concernant Sonia Mabrouk ont été mal interprétés. Elle ne cristallise pas la haine au sein de BFMTV, mais chez ceux qui nous attaquent. À aucun moment je n'ai souhaité son départ, ni jugé son travail. »
Samedi, c'est Fabien Namias, directeur général de la chaîne, qui prend la parole dans Le Parisien / Aujourd'hui en France, selon les deux publications. Sa réponse ne laisse pas de place au doute : « Personne ne cristallise la haine, certainement pas Sonia Mabrouk », affirme-t-il, avant d'ajouter que « la haine, le racisme, l'exclusion et la division sont étrangers à BFMTV, comme à Sonia ».
Une règle maison rappelée à voix haute
Le dirigeant ne lâche personne pour autant. Igor Sahiri reste à ses yeux un très grand reporter sur lequel la chaîne compte, mais il a droit au rappel à l'ordre que tout le secteur a entendu :
« Il y a une règle : on n'attaque jamais son entreprise ni ses collègues. Les débats sont légitimes mais doivent se dérouler en interne. »
Sonia Mabrouk, elle, repart avec ce que Fabien Namias décrit comme le soutien total de sa direction, d'après Puremédias.
Ce que l'épisode raconte vraiment
Au-delà des personnes, la séquence dit quelque chose de l'époque : une rédaction d'info en continu qui débat d'elle-même en public, sur un plateau qui n'est pas le sien, et une direction obligée de répondre dans un quotidien plutôt qu'en conférence de rédaction. C'est là, bien plus que dans la petite phrase, que se joue la vraie information de la semaine.
- Ce qui est établi : les déclarations d'Igor Sahiri dans « Quotidien », sa mise au point ultérieure et la réponse publique de Fabien Namias, toutes rapportées par deux rédactions indépendantes.
- Ce qui ne l'est pas : l'existence d'une suite disciplinaire. Puremédias note que le directeur général n'a rien précisé sur ce point.
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