Selon Télé Star, Berlin saison 2 explore un scénario qui mêle intrigue policière et mystère artistique, notamment autour du vol imaginé du célèbre tableau La Dame à l’Hermine de Léonard de Vinci. La série met en scène un braquage sophistiqué où l’on suppose que l’œuvre aurait été dérobée dans un musée, remplacée par une copie et confiée à un duc espagnol. Les scénaristes, tout en inventant une opération de haute voltige, s’appuient toutefois sur certains faits réels entourant cette œuvre emblématique, notamment son importance et sa notoriété mondiale. Cependant, ils ont pris des libertés substantielles en affirmant que l'œuvre aurait été remplacée par un faux et dispersée dans un contexte de vol, ce qui n’est pas conforme à la réalité historique.
Une histoire fictionnelle mais inspirée par la vraie vie de La Dame à l’Hermine
Dans l’univers de Berlin et La Dame à l’Hermine, le voleur apparaît comme un professionnel engagé pour dérober ce portrait, considéré comme un précieux joyau d’une collection privée. La mécanique mise en scène, où un faussaire néerlandais aurait réalisé un faux parfait pour manipuler l’exposition, se révèle totalement inventée. La production a imaginé tout un scénario où une substitution minutieuse permettrait de faire croire que le musée détient toujours l’original. Pourtant, la série tire ses racines d’une véritable œuvre de Léonard de Vinci, object d’une admiration mondiale. La réalité historique diffère toutefois car aucun aristocrate espagnol ne détient le tableau, et il n’a jamais été remplacé ou volé dans ces circonstances. La fiction de Netflix s’appuie donc sur un contexte réel, mais en l’amplifiant largement pour les besoins du récit.
Le véritable destin de La Dame à l’Hermine, chef-d'œuvre emblématique
La Dame à l’Hermine a été peinte vers 1489 par Léonard de Vinci dans le Milan des Sforza. Elle représente Cecilia Gallerani, une jeune femme d’environ 16 ans, qui était la maîtresse de Ludovic Sforza, duc de Milan. Commander un tel portrait à cette époque signifiait révéler au grand jour une relation très secrète, dans une Italie de cour où la discrétion était de mise. La présence de l’hermine dans le tableau n’est pas qu’esthétique : elle symbolise à la fois la pureté et la noblesse, mais aussi le surnom du duc, en lien avec l’Ordre de l’Hermine. Pour les initiés, ce portrait s’imposait comme une déclaration codée d’un amour passionné, caché aux yeux du public.
Le tableau a parcouru une histoire hors norme à travers le temps. Dès la Seconde Guerre mondiale, il entre dans la collection de la famille Czartoryski en Pologne, avant d’être saisi par les nazis en 1939. Destiné à la collection d’Hitler puis racheté par Hans Frank, il fut finalement retrouvé dans une villa allemande après la guerre et ramené à Cracovie. Aujourd’hui exposé au musée national de Cracovie, il a été assuré pour 300 millions d’euros lors d’une tournée en 2011. La décision de l’État polonais en 2016 d’acquérir la collection Czartoryski pour environ 100 millions d’euros, ensemble estimé à 2 milliards, témoigne de l’importance nationale accordée à ce patrimoine, qui a ainsi évité tout destin de butin.
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