Selon Télé Star, c'est à l'aéroport Ibn Battouta de Tanger que le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet a été arrêté dès son arrivée ce dimanche 12 juillet 2026, alors qu'il se destinait à poser le pied sur le sol marocain après plusieurs années d'absence. Le contexte de cette arrestation reste particulier, puisqu'il intervient peu après son retour d'une résidence à Barcelone, où il vit actuellement. Il était environ 17 heures (18 heures à Paris) lorsque la police, selon la version de la compagne du journaliste, Laura Feliu, a procédé à son arrestation.
Ce que l’on sait avec précision, c’est que cette arrestation s’est déroulée dans un contexte tendu. Ali Lmrabet aurait été placé en garde à vue, transféré à Casablanca, où il pourrait bientôt être présenté devant le parquet. La procédure en cours fait état d’un mandat d’arrêt pour « diffusion de fausses informations », une accusation qui, selon ses proches, constitue une forme de pression ou de représailles liées à ses prises de position publiques et critiques envers le pouvoir marocain.
Une figure polémique, victime de ses prises de position ?
Originaire de Tétouan, Ali Lmrabet est connu pour ses positions virulentes à l’encontre de la monarchie et des acteurs institutionnels marocains. Journaliste engagé, il a notamment été rédacteur en chef de l’hebdomadaire Le Journal et créateur du magazine Demain. Son travail lui a valu plusieurs interdictions et sanctions, notamment une condamnation à quatre ans d’emprisonnement pour « outrage à la personne du roi et atteinte au régime monarchique », peine qu’il a finalement évitée grâce à une grâce présidentielle, après avoir mené une grève de la faim de 50 jours.
Connue pour ses positions critiques à l’égard du roi Mohammed VI et des milieux sécuritaires, la figure d’Ali Lmrabet est souvent associée à une opposition tenace au pouvoir en place. Son magazine et ses publications, notamment Demain, avaient été interdites la même année que la montée au trône du souverain, sous la précédente administration socialiste dirigée par Abderrahmane Youssoufi. De plus, il avait publié une lettre datant de 1975, révélant des liens historiques entre le pouvoir et des tentatives de coups d’État dans la région, accusations particulièrement sensibles dans le contexte politique marocain.
Les accusations et les enjeux de cette arrestation
Selon plusieurs sources, dont Mediapart relayé par Télé Star, Ali Lmrabet fait face à des accusations de diffusion de fausses informations visant à porter atteinte aux institutions constitutionnelles du Maroc. Ce dernier aurait également été ciblé par plusieurs plaintes pour diffamation, notamment de la part de personnalités et d’institutions officielles. D’après une source policière citée par nos soins, il aurait été placé en garde à vue par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), avant son transfert dans la capitale économique du pays.
Dans le contexte international, Reporters Sans Frontières a récemment évoqué la dimension politique de cette arrestation, soulignant que la justice marocaine aurait renforcé sa vigilance quant aux médias et journalistes critiques. La situation d’Ali Lmrabet interroge sur la liberté d’expression dans le royaume, surtout pour une figure qui a toujours dénoncé le contrôle et la censure.
De plus, il est attendu que l’affaire soit portée devant le tribunal de Casablanca dès ce lundi 13 juillet, où le journaliste risque de faire face à un procès susceptible d’accroître la tension autour des libertés dans le pays. L’arrestation intervient alors que plusieurs voix dénoncent une volonté de répression contre ceux qui critiquent le pouvoir en place.
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